Prendre un stagiaire pour relancer vos impayés : j’ai testé !

Vos impayés s’accumulent, vous perdez un fric monstre, mais malheureusement, vous devez faire face à la réalité du quotidien :

  1. Vous ne connaissez pas grand-chose au recouvrement de créances.
  2. Vous n’avez pas le temps de passer des coups de fil à tous vos débiteurs.

Résultat, la situation empire de jour en jour.

Du coup, une idée lumineuse germe en vous : et si je prenais un stagiaire pour qu’il s’occupe de mes impayés ?

L’idée parait bonne, certes, mais l’est-elle tant que ça, si l’on y réfléchit bien ?

En tant que chargé de recouvrement, j’ai recruté un tas de personnes dont la mission temporaire consistait à relancer les impayés de la société pour laquelle je bossais. Et par expérience, je peux vous affirmer que le stagiaire est loin d’être la meilleure option pour ce type de mission.

Ok, le stagiaire présente des avantages indéniables :

  • La main d’œuvre est gratuite ou très peu coûteuse.
  • Il n’est pas en position de force pour refuser les tâches ingrates que vous pourriez lui confier.
  • Il est facile et rapide d’en trouver un (Pole Emploi, Lycée et facs, chômeurs en reconversion professionnelle…)

Au niveau administratif et financier, le stagiaire se présente comme la meilleure option. Mais si l’on parle boulot et efficacité, c’est une autre paire de manche.

Durant ma carrière dans le recouvrement de créances, des stagiaires, j’en ai vu passer un paquet. Et dans la majorité des cas, l’expérience s’est avérée mauvaise ou tout juste convenable.

Pourquoi ?

  • Parce qu’un stage ça ne dure en général que quelques semaines. Et quand vous engagez une personne pour une courte durée va survenir un souci majeur : lorsque cette personne commencera à maîtriser son boulot et qu’elle sera à l’aise au sein de votre structure, l’heure du départ aura sonné. Quelle perte de temps !
  • Autre conséquence de la courte durée du stage, vous allez vous retrouver une fois le stagiaire parti avec une ribambelle de dossiers, e-mails, courriers et appels téléphoniques restés en suspens. Bon courage ! Quant à vos clients, ils risquent de perdre patience si leur interlocuteur change tous les quinze jours.
  • Comme le stagiaire est un quasi-bénévole, sa motivation peut ne pas être au rendez-vous. Si je vous paye 50 euros par mois ou vous fais bosser à l’œil, allez-vous vous donner à fond dans la mission que je vous ai confiée ? C’est possible, mais loin d’être garanti.
  • Beaucoup de stagiaires font des stages par obligation contractuelle, parce que l’organisme dont ils dépendent (lycée, Pole Emploi…) les y contraint en échange d’une compensation : validation d’un diplôme, subventions, allocations diverses… Par conséquent, et je ne veux pas généraliser, certains vont prendre leur mission à la légère et multiplier les incartades : absences injustifiées, retards répétitifs, « rébellion »…

Je ne dis pas qu’il ne faut pas prendre de stagiaire, bien au contraire. Mais ce que vous devez bien garder en tête, c’est que le stagiaire est une option valable si la mission que vous lui confiez est ponctuelle, avec un début et une fin précise.

Une condition qui ne matche pas avec le recouvrement de créances. Car le recouvrement de vos impayés ne doit pas être ponctuel, il doit faire partie intégrante de votre politique d’entreprise, de votre business plan.

Les impayés, c’est comme la mauvaise herbe, ça repousse toujours !

La meilleure option serait donc de confier le recouvrement de vos créances à l’un de vos collaborateurs, ou mieux, d’en embaucher un nouveau. Mais je sais que ce n’est pas une mince affaire.

Voilà pourquoi je vous conseille de prendre un étudiant en contrat professionnel si vous n’avez pas d’autres alternatives à court-terme.

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